Le Devoir: Concerts classiques – Waouh! – Concert inaugural de la salle Bourgie

September 29, 2011

Le «waouh!» d’admiration qu’a suscité la découverte de la Salle Bourgie inaugurée hier soir, on aurait bien aimé le pousser le 7 septembre dernier, à l’ouverture de la Maison symphonique. On aura donc attendu, pour cela, l’ouverture d’un autre lieu résultant d’un autre type de partenariat public-privé, celui entre le Musée des beaux-arts de Montréal et un mécénat incarné par le philanthrope Pierre Bourgie, au nom de toute sa famille.

Ce mécène, qui a convaincu le musée de convertir l’ancienne église Erskine and American en salle de concert, avait confié récemment avec humour au Devoir, ne pas avoir eu les moyens de traiter «avec des acousticiens qui coûtent un million avant même d’avoir ouvert la bouche». Il n’avait pas non plus, il est vrai, l’ambition de concevoir la meilleure salle au monde! Partisan de l’excellence dans la simplicité, Pierre Bourgie est allé consulter des spécialistes d’ici. Il a gagné son pari, et toute l’équipe qui l’entoure aussi.

On connait les M&M’s, qui «fondent dans la bouche, pas dans la main». Ici, «M et M», musique et musée, se fondent pour le plaisir des yeux et des oreilles. La Salle Bourgie est d’abord une belle salle, avec un vrai cachet et un grand confort. Les vitraux Tiffany ne perturbent pas l’acoustique. Celle-ci est généreuse (autant que le mécénat!), aérée, avec un spectre certes riche en médiums mais globalement équilibré. La clarté est excellente, à en juger par les expériences de spatialisation de cuivres ou la distinction précise de la localisation des cinq instruments accompagnateurs du choral de la Cantate BWV 51.

Aux politiciens et personnalités de la jet-set québécoise réunis il y a trois semaines, succédaient, lors de cette inauguration-ci, des amateurs d’art et de très nombreux musiciens. Dommage que tous n’aient pas eu la courtoisie d’honorer l’invitation jusqu’à la fin de la soirée, d’autant que le point culminant du concert fut l’interprétation rageuse et dense du Quintette avec piano de Brahms par André Laplante, Mark Fewer, Pascale Giguère, Douglas McNabney et Matt Haimovitz.

Pour l’occasion avaient aussi été commandées deux compositions défendant une même conception de la modernité. L’oeuvre cuivrée «surround» de Maxime McKinley a au moins un certain esprit. Quant au Double Trio de Carter, il n’a fait se lever que les commanditaires. Le compositeur de 102 ans reste dans l’actualité musicale par sa longévité. Sa musique, elle, même si parfaitement ficelée, est déjà morte depuis longtemps.

by Christophe Huss

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